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07

jui

2009

Biographie du peintre Edvard Munch

Munch

Edvard Munch naît le 12décembre 1863 à Loten, au nord d'Oslo, dans une modeste ferme du comté de Hedmark. Il est le deuxième d'une famille de cinq enfants. Son père, médecin militaire, est issu d'une famille de hauts fonctionnaires, d'intellectuels et d'artistes. A la mort de sa mère en 1868 (tuberculose), Edvard et sa soeur ainée Sophie sont élevés par leur tante. Sophie meurt à son tour de la tuberculose. Le sort s'acharne, puisqu'une autre de ses soeurs souffre de mélancolie (dépression) et que son frère Andreas meurt quelques mois après s'être marié. La santé physique et mental de l'artiste est également très fragile : il souffre de rhumatisme articulaires, attrape la grippe espagnole, pâtit de problèmes d'alcoolisme et de crises d'anxiété qui manquent à tout moment de le faire sombrer dans la folie. Munch, en résumé, passe une bonne partie de son existence au bord du précipice... et dans des chambres d'hôpital. Ces évènements tragiques de son enfance sont à l’origine de sa tendance à la dépression nerveuse et de sa vision de l'humanité qui est d'un pessimisme effrayant.

 

L'art seul lui permet d'extérioriser cette souffrance. "L'angoisse devant la vie me poursuit depuis la naissance. Mon art est comme une suite d'appels radio désespérés émis d'un navire en perdition." Pour exprimer son mal de vivre, il lui faut d'abord sortir du carcan familial. Le jeune Munch se passionne pour le dessin.  Il intègre alors l'école royale de dessin d'Oslo en 1880. Ses premières oeuvres sont d'une facture assez classique, rien de son enfance malheureuse n'y transparaît. Mais ses professeurs sont déjà étonnés par sa grande maitrise technique.

 

De 1884 à 1894, il va s'élever au rang d'artiste le plus controversé d'Europe du Nord, il créer un style à partir de formes aux lignes courbes et de couleurs simplifiées explorant un univers sans espoir, hanté par la mort et une vision tourmentée de l’amour. Incarnation de l'expressionnisme, il est confronté aux conventions et aux codes de la société puritaine qu'il dérange avec ses oeuvres emplies de sa mélancolie et de son malaise social. Le Cri (Skrik, 1893) est probablement son œuvre la plus connue, il y représente son obsession de la solitude de l'homme, de la mort et de la maladie qui l'angoissait beaucoup. Comme dans le cas de beaucoup de ses œuvres, il en a peint plusieurs versions, environ une cinquantaine. Le Cri est une pièce de la série La Frise de la Vie, que Munch a assemblée au tournant du siècle ; il traite d'une manière récurrente des thèmes de la vie, l'amour, la peur et la mort.

 

Devant ses œuvres sombres marquées par l'angoisse de la mort, la maladie et la mélancolie, les critiques hurlent au « fou » et maudissent ces toiles singulières et inquiétantes affranchies de la tradition académique consacrée dans les salons. « On ne peindra plus de scènes d'intérieur avec des hommes en train de lire ou des femmes qui tricotent. Il faut que ce soient des être vivants qui respirent, qui sentent, qui souffrent et aiment » dira Munch dans son journal.

 

Durant la période Nazi, les travaux de Munch sont étiquetés comme étant de «l’art dégénéré» et 82 oeuvres sont retirées des musées allemands pour être vendues en Norvège. Ceci blesse profondément l’ « antifasciste » Munch qui considérait l’Allemagne comme son second pays. Il se retire en Norvège ou il passe ses derniers jours, il décéde le 23 janvier 1944, à 80 ans, à Ekely, près d'Oslo. Il lègue environ un millier de tableaux, 4500 dessins et aquarelles, et six sculptures à la ville d'Oslo, qui construit en son honneur le Musée Munch à Toyen. Il est aujourd'hui considéré comme l'un des précurseurs de l'expressionnisme, l'un des peintres les plus importants de l'art mondial et est vu en Europe du Nord comme un grand maître, l'égal d'un Vincent Van Gogh ou d'un Paul Cézanne.

 

"Un soir, je marchais le long d’un chemin. J'étais fatigué, malade. Je me suis arrété pour regarder le fjord : le soleil se couchait et les nuages étaient rouges, comme du sang. J'ai senti passer un cri dans la nature ; il m'a semblé que je pouvais entendre le cri. J'ai peint ce tableau, peint les nuages comme du véritable sang. Les couleurs hurlaient." Edvard Munch.


Source: Lafactory.

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