dim

06

sep

2009

Le mouvement de la figuration libre

Combas, Comme des félins (1984-1985) Combas, Comme des félins (1984-1985)

La figuration libre fait irruption au mois de juin 1981, chez le critique d'art Bernard Lamarche-Vadel. Sur le point de déménager, il prête ses murs à un groupe hétéroclyte de très jeunes peintres, Robert Combas, Hervé Di Rosa, Rémy Blanchard, François Boisrond, Jean-Charles Blais et Jean-Michel Alberola et intitule cette exposition "Finir en beauté". L'artiste Ben, du groupe Fluxus, baptise ce mouvement "figuration libre".

 

Des peintres de la figuration libre "populaire", issus des villes, Combas, Di Rosa, Blanchard, Boisrond, revendiquent leur appartenance à une culture urbaine de masse, une culture populaire qu'ils enrichissent de leur expérience personnelle. Leur démarche libre, anticulturelle, qui feint l'ignorance, anti-historique et auto-ironique, rapelle l'attitude dadaïste.

 

La figuration libre "populaire", s'inscrit, faute de moyens, sur des supports de fortune : toiles libres, affiches, cartons d'emballage et vieux bidons. Plus tard, ces très jeunes artistes créeront des oeuvres monumentales, des compositions-environnements (sols, murs et plafonds peints) et des toiles de grand format.

 

Les artiste puisent leurs sujets dans la publicité, les mass média, la musique rock et punk. A partir de l'iconographie de la bande dessinée, ils décrivent un monde de monstres archétypaux (cyclopes, énormes bouches édentées), de visions apocalyptiques, de bandits, de scènes de "bouffe", de bagarre, de drague, avec toujours un fond sexuel. Ils représentent aussi des objets de la société de consommation : verres, télévision, avions, etc.

 

Les scènes "populaires" trouvent place les unes à côté des autres, encadrées, dans la traditionnelle composition de la bande dessinée. La répétition du trait, le remplissage, ne laissent pas le moindre centimètre carré vierge. Onomatopées et mots complètent les compositions. Les personnages bruts ou naïfs de la peinture "populaire" sont modelés par un large cerne noir empli de couleurs chromos, vives, posées dans un style rapide, volontairement simple.

 

Leur photographe, Louis James, et la presse grand public facilitent leur médiatisation et leur introduction auprès des milieux publicitaires et de la mode (ils réalisent une campagne d'affichage pour le compte des épiceries Félix Potin, le couturier Jean-Charles de Castelbajac leur confie des dessins de robes, et les tissus Boussac des imprimés). D'autres artistes, ceux de la figuration "savante", Blais, Alberola, cultivent l'art moins médiatique des maîtres d'autrefois.

 

Pour redonner du dynamisme à la peinture française, enrichir le patrimoine culturel et étendre la culture à tous, Jack Lang, ministre de la Culture en 1981 met en place les F.R.A.C. (Fonds régionaux d'art contemporain) dans chaque région de France. Cette initiative stimule le marché et favorise la décentralisation.

 

Dans ce contexte, la figuration libre s'affirme comme un fait social en réaction à la période conceptuelle et minimaliste des années soixante-dix qui a paralysé les peintres pendant de longues années et créé un complexe par rapport à l'art américain. Graffiti Art serait le pendant américain de la figuration libre à la différence que les français n'émettent pas de messages politiques et sociaux. En 1984, une double exposition consacre les deux mouvements, français et américain.

 

Source : Larousse.

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