ven

04

jun

2010

Louise Bourgeois, Maman (?), analyse d'oeuvre

Louise bourgeois araignée maman Maman (1997-1999)

"L’araignée énorme que Louise Bourgeois réalise depuis 1994 sous différentes formes et mises en scène, reste une figure ambivalente de la mère. Si pour l’artiste elle est bénéfique, elle n’ignore pas qu’elle peut assumer le rôle d’un objet phobique et devenir métaphore de la femme qui attend dans sa toile les victimes masculines prises au piège pour les dévorer. Le thème mythologique des Trois Parques qui filent le destin, ou d’Arachné, jeune fille grecque experte en l’art du tissage et transformée par Athéna qui en est jalouse en araignée, se rattachent au caractère symbolique de la représentation de l’insecte. Bourgeois en donne plusieurs versions dont certaines terrifiantes."

 

"L'ami(l'araignée-pourquoi l'araignée?) parce que mon meilleur ami c'était ma mère et elle était réfléchie, intelligente, patiente, apaisante, raisonnable, délicate, subtile, indispensable, propre, et utile comme une araignée. Elle savait aussi se défendre, et me défendre moi, en refusant de répondre à de'stupides' embarrassantes et indiscrètes questions personnelles. Je ne me fatiguerai jamais de la représenter. Je veux: manger, dormir, discuter, blesser, détruire... -Pourquoi? -Mes raisons n'appartiennent qu'à moi."

 

Le monstre de Louise Bourgeois, n’est donc pas un monstre simplement terrifiant qui renvoie aux connotations du monstre classique, c’est un monstre qui se faufile entre les aspects les plus rassurants et familiers de la figure maternelle, qui dévoile une double nature. Un monstre issue de la destruction et reconstruction constante de l’artiste, un monstre jouant avec le passé, la mémoire : un monstre féminin.


Le traitement de la Peur. Louise Bourgeois.

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