mer
24
fév
2010
Clovis Trouille, Remembrance (1930), analyse d'oeuvre
Remembrance (1930)
mer
24
fév
2010
Max Ernst, Le jardin de la France (1962), analyse d'oeuvre
Le jardin de la France (1962)
jeu
18
fév
2010
Biographie du peintre Clovis Trouille
Trouille
Camille Clovis Trouille, né le 24 octobre 1889 à La Fère, dans l'Aisne, où ses parents étaient horticulteurs. Trouille est un peintre du XXème siècle au parcours des plus personnels. Traumatisé par la guerre de 14-18 ce diplômé des Beaux-Arts d’Amiens un "révolté, un anarchiste" vit son art comme "un exutoire personnel", il n’aura de cesse de dénoncer dans sa peinture « le système de collusion entre l’Armée, l’Eglise et l’Etat ». Il se positionne en tant que contestataire social, anticlérical et antimilitariste.
Et, en toute rigueur, pour ne pas lui-même être amené à transiger avec le système – en l’occurrence le marché de l’art – pour pouvoir vivre de sa peinture, Clovis Trouille a exercé toute sa vie un métier qui lui a permis de conserver son indépendance. Un métier peu banal : peintre de mannequins de vitrines. Cela consistait "à peindre des carnations, rehausser des maquillages, dessiner des arcades sourcilières, des grains de beauté, des pointes de sein … ".
Découvert donc en 1930 par Dali et Aragon au Salon des peintres et écrivains révolutionnaires, et très apprécié par André Breton qui voit en lui "le grand maître du tout est permis" et lui proposera de faire une exposition de ses œuvres dans sa galerie. Clovis Trouille refuse, par crainte d’être irrémédiablement sous une étiquette et ce n’est qu’en 1962 qu’il fera sa première exposition personnelle.
Cette première "exposition" sera suivie l’année suivante d’une autre "solennelle", cette fois, à la galerie Raymond Cordier à Paris (elle sera interdite aux moins de 18 ans et aux plus de 70 ans) et, de 1963 à 1970, l’artiste expose régulièrement au salon de Mai. Il aura aussi participé à plusieurs expositions sur le surréalisme, à Paris, en 1960 et 1964, et à Tokyo, en 1975, 50 ans d’un certain surréalisme.
Ses toiles, aux couleurs vives et contrastées, exaltent l’érotisme et la liberté des mœurs. L’anticléricalisme, l’érotisme, l’attirance pour le monde du music-hall et du cirque, la fascination pour les mises en scène macabres teintées de voyeurisme et de sadomasochisme sont autant de thèmes chers au peintre surréaliste.
L’humour est aussi souvent présent dans son œuvre, comme lorsqu’il met en scène ses propres funérailles (Mes funérailles), avec des titres-calembours, comme Oh Calcutta ! Calcutta ! (dont s’inspireront en 1969 les auteurs d’une comédie musicale à Broadway). Ses tableaux se nourrissent aussi de références à la littérature (Le Bateau ivre ) ou à la peinture classique, par exemple Le rêve d’Alice qui renvoie à l’embarquement pour Cythère de Watteau.
Électron libre du monde de l’art, revendiquant son mépris des marchands et des chapelles, Clovis Trouille n’en fut pas moins un observateur passionné de la création artistique de son époque. Toujours incisif dans ses critiques, il a su tisser de profondes amitiés avec des artistes qui comme lui faisaient du refus de la norme une revendication.
Clovis Trouille décéde le 24 septembre 1975 à l'âge de 86 ans à Neuilly-sur-Marne. Beaucoup d’artistes, comme Hervé di Rosa, Bruno Baloup, Anne Van der Linden ou encore Francis Marshall revendiquent leur filiation artistique à Clovis Trouille.
“Je suis pour l’art noir, pour le caractère Maudit. Je rejette la morale de la société bourgeoise, l’imposture de la religion, la morale de ses curés, son patriocularisme.” Clovis Trouille.
mer
17
fév
2010
Biographie de la sculptrice Louise Bourgeois
Bourgeois
Louise Bourgeois est née le 25 décembre 1911 à Paris. Elle est la deuxième d’une famille de trois enfants. Ses parents dirigeaient un atelier de restauration de tapisserie ancienne à Choisy-le-Roi. C’est sa mère qui tient la maison, alors que son père est souvent absent, à la recherche d’antiquités, et courant accessoirement le jupon. Il engage une gouvernante anglaise qui devient sa maîtresse. La présence de cette maîtresse au cœur de la maison familiale perturbe et traumatise la jeune Louise. C’est l’irruption de la « cruauté », du trauma chez l’enfant. Une cruauté qui ne s’oublie pas, selon ses mots, et qu’il faudra exorciser pour survivre.
Elle l'exorcisera grâce à l'art. A 11 ans déjà, Louise Bourgeois dessine, souvent des jambes et des pieds. Sa soeur boitait, ce qui l'a marquée. Après son bac, elle fait d'abord des études de mathémattiques à la Sorbonne (1932-1935). A partir de 1936, elle suit des cours de dessin et fréquente l'Ecole du Louvre et les Beaux-Arts de Paris. Elle se forme auprès de Paul Colin, André Lhote, Roger Bissière, Gromaire et Fernand Léger. En 1938, elle se marie avec l'historien d'art Robert Godwater et le suit à New York, elle se consacre à la sculpture en 1949 pour mieux exprimer "le drame d'être un au milieu du monde". En 1951, elle prend la nationalité américaine. En 1993, elle représente les Etats-Unis à la Biennale de Venise.
En 1950, Louise Bourgeois est l'un des premiers artistes à construire des installations. Elle assemble des totems de bois peint, puis des paysages-tanières de latex et de plâtre. Ses objets sont des propositions autobiographiques : "Je souffre, donc je veux parler", "Pour moi, la sculpture est le corps, mon corps est ma sculpture". Elle se donne le droit de "tout couper et de tout rapapilloter". Des êtres hybrides faits de bites, de boules et de mamelons se succèdent en divers arrangements, tantôt abstraits, tantôt clairement démonstratifs. Elle exécute des effigies solitaires (Fillette, 1968; Femme inoffensive, 1971) ou regroupées en famille (La jointure, 1985). Depuis le début des années quatre-vingt-dix, elle exprime la complexité et la permanence du désir au moyen de sculptures exécutées dans des formats de plus en plus importants.
La reconnaissance sera venue sur le tard, elle avait plus de 70 ans en 1982 lorsque le Moma lui offre sa première rétrospective. Il s'agit alors d'une grande première: la consécration d'une artiste féminine. Sa première rétrospective européenne a lieu en Allemagne en 1989. En 1999, elle reçoit un Lion d'or, à la Biennale d'art contemporain de Venise, pour l'ensemble de son œuvre. Elle était aussi la première artiste contemporaine à avoir été exposée de son vivant au musée de l'Ermitage de Saint-Pétersbourg, en 2002. Jusqu'en 2005, cette artiste a continué sa thérapie par l'art. "L'art est une garantie de santé mentale", affirmait-elle encore. L'art lui a en tout cas permis de traverser le siècle sans faillir. L'artiste s’est éteinte lundi 31 mai à New York, à l’âge de 98 ans. Elle laisse une œuvre fascinante et poétique qui explore les tourments de l’être dans le huis clos familial.
"Je gueule. Les surréalistes étaient à l'opposé : ils n'admettaient pas que la peine exixtât. Duchamp, la tête sur le billot, n'aurait pas admis qu'il était impuissant." Citation de Louise Bourgeois.
Source : Larousse.
mer
17
fév
2010
Biographie du peintre Gaston Chaissac
Chaissac
Gaston Chaissac est né le 13 août 1910 à Avallon (dans l’Yonne) en France d'une famille modeste,son père était cordonnier et sa mère fille de marchands ambulants. Après une enfance bousculée par le divorce de ses parents, puis l’internement de l’un de ses frères, il commence à travailler comme apprenti dès l'âge de treize ans. après avoir tenté divers petits boulots, Chaissac qui se sent très attiré par l’ésotérisme trouve dans la création une raison d’être.
Gaston Chaissac ne suit aucune formation artistique. En 1937, il rencontre le peintre Otto Freundlich qui le met "sur le chemin de la peinture" et organise en 1938 sa première exposition personnelle à Paris. Pendant plus de vingt ans, il vit en Vendée, où sa femme est institutrice, et il connaît de grandes difficultés matérielles. A partir de 1961, il est reconnu par le milieu de l'art parisien et expose régulièrement.
Pendant une première période, Gaston Chaissac réalise des dessins à l'encre de chine : il cerne et cloisonne de traits noirs des figures de bêtes et de personnages. Il peint des "formes imbriquées" et tente de donner à ses "peintures naïves, dessins d'enfant, toujours plus de simplicité". A partir de 1946, il utilise des objets de tous les jours et des "empreintes de pelures, d'épluchures et de cassures" dans des séries plus abstraites. Ami de Jean Dubuffet, il participe à une exposition d'Art brut en 1949, mais reste avant tout un artiste indépendant.
Dans les années cinquante, il peint sur tous supports : toile, carton, pierres, tôle. Il exécute des Totems en planches de bois, des sculptures à partir de souches, compose des collages à l'aide de papier peint. En 1951, son oeuvre d'écrivain et de chroniqueur est publiée chez Gallimard (il entretient une longue correspondance avec, entre autres, Jean Paulhan et Jean Dubuffet). En 1959, il revient à la peinture et l'on voit réapparaître "des paysages avec arbres, personnages, maisons et bestioles".
Gaston Chaissac a réalisé une œuvre plastique et littéraire considérable, tant par son abondance que par son étonnante diversité. L’originalité de son art, la liberté qu’il revendique sans cesse, la vie solitaire qu’il s’imposa, expliquent sans doute l’absence de reconnaissance publique dont il souffrit jusqu’aux dernières années de sa vie. Il est mort le 7 novembre 1964 à La Roche-sur-Yon en Vendée à l’âge de cinquante-quatre ans. Des artistes reconnus comme Georg Baselitz ou Robert Combas revendiquent son influence directe.
"Sans gestes théâtraux, ni mise en scène phénoménale, il n'y a qu'à parcourir certaines pistes qu'on reconnait bien vite quoique à peine visibles et on revient avec des richesses pour son pays, pour la terre entière. Ma peinture rustique moderne est encore assez pauvre mais dans une vingtaine d'années j'espère qu'elle sera riche, presque autant que la terre." Citation de Gaston Chaissac (1946).
Source : Larousse.
mer
17
fév
2010
Biographie des artistes Christo et Jeanne-Claude
Christo et Jeanne-Claude
Né le 13 juin en 1935 à Gabrovo en Bulgarie, Christo Vladimirov Javacheff fait ses études aux Beaux-Arts de Sofia de 1952 à 1956. En 1958, il arrive à Paris où il rencontre Jeanne-Claude de Guillebon, egalement née le 13 juin 1935 à Casablanca au Maroc et décédée le 18 novembre 2009 à New York, des suites d'une rupture d'anévrisme). Ils se marient et font oeuvre commune. Leur première exposition personnelle a lieu en 1961.
En 1961, Christo et Jeanne-Claude créent des empaquetages sur le port de Cologne. En 1962, ils réalisent à Paris, rue Visconti, un assemblage géant avec 204 barils d'huile et d'essence qu'ils empilent en geste de protestation contre le mur de Berlin (Rideau de fer). En 1964, ils s'installent à New York et prennent la nationalité américaine. Ils proposent des projets d'empaquetage poétiques et gigantesques, une "prise de possession de l'espace". Ils souhaitent véhiculer "l'éphémère comme dimension esthétique".
Ils s'approprient, drapent, découpent et colorient monuments ou paysages (ruraux, urbains ou maritimes). Ils leurs donnent "une dimension sculpturale nouvelle" : Running Fence, Etats-Unis (1972-1976); Surrounded Islands, Biscayne Bay, Etats-Unis (1980-1983); Pont-Neuf, Paris (1975-1985). Après des années d'acharnement, ils obtiennent enfin en 1994 l'autorisation d'empaqueter le Reichstag de Berlin (réalisation en 1995) : "Tous nos projets sont des projets de liberté."
Ensemble, ils gèrent leurs travaux de A à Z comme de véritables chefs d'entreprise, leurs installations ont largement contribué à faire sortir l’art des musées. Par nature, elles sont éphémères : ainsi, les seules traces qui demeurent sont les livres, les photos, les dessins, les collages ou les maquettes, conservées aujourd’hui dans les musées du monde entier et les collections privées (le Land Art).
"Nos projets sont des oeuvres d'art "in situ", ce ne sont pas des objets transportables. D'habitude une sculpture normale, qu'elle soit classique ou moderne, a son propre espace physique. D'une certaine façon cet espace appartient à la sculpture car il a été préparé pour elle. Nos projets touchent une sensibilité plus vaste, en fait ils s'approprient ou empruntent des espaces qui habituellement n'appartiennent pas à la sculpture." Citation de Christo et Jeanne-Claude.
mer
17
fév
2010
Biographie du peintre Jean Dubuffet
Dubuffet
Jean Philippe Arthur Dubuffet dit, Jean Dubuffet est né le 31 juillet 1901 au Havre, il étudie le dessin à l'Académie Julian en 1918, mais abandonne l'art pour travailler dans l'entreprise familiale de négoce de vins. Après un aller et retour entre peinture (1933-1937) et commerce(1937-1942), il décide de se consacrer exclusivement à son oeuvre picturale en 1942.
Sa première exposition personnelle a lieu en 1944. La lecture de la Création chez les malades mentaux de Hans Prinzhorn l'amène à théoriser et pratiquer un Art brut, "préféré aux arts culturels", où la peinture devient thérapie sauvage et involontaire et "dit mieux que les mots". A partir de 1942, Jean Dubuffet pratique une peinture figurative qu'il dit être "toujours à la limite du barbouillage le plus immonde et misérable et du petit miracle". Il expérimente et remet en permanence en questions formes, matériaux, et techniques. Il travaille par séries.
Dès 1945, Jean Dubuffet se met en quête d’oeuvres correspondant vraiment à l’idée qu’il se fait d’une création non culturelle, oeuvres de marginaux, d’originaux, de délirants et de spirites, qui allaient constituer la collection de l’Art Brut. En 1946, dans "Prospectus aux amateurs de tout genre", Jean Dubuffet émet l’hypothèse d’un art praticable spontanément par n’importe qui, un art qui ne nécessiterait ni don ni instruction, un art qui procéderait de la jubilation et non de l’initiaton.
De 1944 à 1951, il fait scandale en exposant à Paris des toiles où figurent des personnages primitifs aux organes sexuels apparents (série des Corps de dames, 1950-1951). De 1951 à 1962, il fixe et cloisonne des empreintes, use de matériaux divers pour décrire les "paysages du mental" : séries des Pâtes battues (1952-1953), Tableaux d'assemblage (1955-1956), Sols (1957-1959), Matériologies (1959-1960). Il imagine ensuite le cycle de l'Hourloupe, son inventaire d'un monde "parallèle au nôtre" (1962-1974). Il est constitué de peintures ou de gigantesques sculptures-folies en époxy pour lesquelles il cerne de noir des formes bleu, blanc, rouge. Suivront les Théâtres de mémoire (1975-1979), les Sites (1980-1982), les Mires (1983-1984), et les Non-lieux (1984).
Dans les années 1960, Dubuffet porte son intérêt vers la sculpture, et commence une importante série de sculptures en polystyrène expansé peintes au vinyle. Il réalise de nombreuses commandes, notamment un monument pour la Chase Manhattan Bank de New York, le Groupe de quatre arbres, inauguré en 1972, et la Tour au figures, pour l'île Saint Germain à Issy-les-Moulineaux (1988). En 1963, c'est l’année de la consécration pour Dubuffet, auquel est consacrée une exposition rétrospective au Museum of Modern Art de New York, visible ensuite à Chicago et Los Angeles.
Artiste iconoclaste, pourfendeur des institutions, Jean Dubuffet a produit une oeuvre abondante et variée, marquée par une remise en question constante. Aujourd'hui, considéré comme l'un des artistes les plus importants du XXème siècle et comme la figure emblématique de l’art brut, il est mort le 12 mai 1985 à Paris et est enterré à Tubersent dans le Pas-de-Calais.
"Reste à savoir si une oeuvre d'art requiert d'être bien élucidée ou si elle ne requiert pas plutôt de ne pouvoir l'être, d'être en telle forme qu'elle est puissamment défendue contre toute entreprise d'élucidation, qu'aucune étude, si minutieusement qu'on la conduise, ne puisse entamer son pouvoir d'intriguer et dépayser, de manière qu'elle demeure (et pour son auteur lui-même aussi) une question et non une réponse." Jean Dubuffet.
Source : Larousse.