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2010

Biographie du peintre Juan Gris

Gris

Juan Gris (23 mars 1887/11 mai 1927) est l’un des fondateurs du cubisme, aux côtés de Braque et de Picasso. Ses tableaux se trouvent aujourd’hui dans les plus illustres musées, bien qu’il ait vécu misérablement la plus grande partie de sa vie. Jamais il ne connut la gloire et la fortune de ses
compagnons du légendaire Bateau-Lavoir. Rappelons que Gris quitte l’Espagne en 1906, il a 19 ans pour s’installer à Paris. Il commence une carrière de dessinateur de presse avant celle de peintre. Son œuvre picturale s’étend sur une durée de seulement dix-sept années ce qui est très court, mais en dit long sur son importance et son influence.

 

En 1906, Juan Gris s'installe à Paris, c' est l'événement déterminant de sa courte existence. Il évolue dans les mêmes cercles que Pablo Picasso et Georges Braque. Comme eux, il explore les principes du cubisme, boulversant les genres traditionnels du portrait et de la nature morte. Au début de ses tentatives cubistes, le sujet du tableau reste fracturé en éléments individuels, sans perspective traditionnelle, obligeant le spectateur à les regrouper comme s'il s'agissait des pièces d'un puzzle. A l'époque où Gris s'implique dans ce mouvement, le cubisme se scinde en différentes directions. Certains artistes intègrent de véritables objets dans la toile ou en suggèrent la présence en combinant des formes brisées, sans aucun lien apparent. Gris essaie de synthétiser ces éléments (cubisme synthétique) en utilisant d'autres fragments, cette fois de couleur.

 

Dans l'oeuvre de Gris, les ombres donnent forme à des objets, évoquant un espace ou un second plan, tandis que les objets eux-mêmes peuvent être distordus et perdre leur forme naturelle. Ses nombreuses expérimentations le ramènent aux thèmes de son célèbre compatriote, Diego Velasquez : des natures mortes près d'une fenêtre ouvrant sur un monde, le tout se situant à l'intérieur de la peinture, mais menant au-delà. Il insère un objet réel, une page de journal, dans un angle qui parait artificiel mais qui établit un rapport direct avec la réalité. La Jalousie (1914) illustre cette démarche. Le talent de Gris réside dans sa façon de traiter son sujet selon des angles multiples; il joue avec l'espace et utilise pourtant la perspective. Il combine des corps solides avec des plans d'ombres et superpose ossature, personnalité, chair et vêtements, comme dans Portrait de Josette Gris (1916), annonçant également des développements artistiques ultérieurs.

 

Source : 501 artistes.

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dim

10

jan

2010

Biographie de l'artiste Marcel Duchamp

Marcel Duchamp photographie Duchamp

Marcel Duchamp (28 Juillet 1887 - 2 Octobre 1968) fut un peintre et un sculpteur français naturalisé Américain en 1955. On se rappelera toujours de lui comme l'inventeur d'un mouvement artistique particulier (plutôt devrai-je parler d'"Attitude": le Ready-Made (que l'on pourrait traduire, si on l'osait, par Le Déjà-Fait ou le Tout-Prêt). Il fut un artiste qui révolutionna l’art du XXe siècle. Son œuvre évoque et traverse les courants futuriste, cubiste, dada, surréaliste et son rapport au monde l’exclut de tout mouvement.

 

Duchamp se fait connaitre en frappant déjà très fort en 1913, lors de l’exposition Armory show à New York, où il présente "Nu descendant un escalier". Son oeuvre fait scandale ! Dans cette œuvre, on dénote des tendances cubistes au futurisme de la « photo-dynamique ». Mais très vite, il s'écarte de la peinture. En effet, en 1913, il expose une sculpture appelée "Roue de bicyclette". Deux objets quotidiens sont assemblés et collés l’un sur l’autre par l’artiste : une roue de bicyclette et un tabouret. Ici rien ne sort de la main de l’artiste qui réalise un collage tridimensionnel.

 

Mais le fameux Ready-Made n'apparait qu'en 1914, avec le porte-bouteilles qu'il a acheté au Bazar de l’Hôtel-de-ville. Ready-Made : Objet usuel promu à la dignité d’œuvre d’art par le simple choix de l’artiste. (définition du Dictionnaire abrégé du Surréalisme, André Breton, 1938). La main de l’artiste n’intervient plus dans l’œuvre, tout savoir-faire ainsi que tout plaisir esthétique lié à la perception de l’œuvre s‘annulent. La trace du créateur a disparu et se réduit au seul choix et à la nomination de l’objet. Le titre qui, d’abord, nomme le plus platement l’objet, Porte-bouteilles, prendra de plus en plus d’importance. L’objet sera rebaptisé plus tard "Séchoir à bouteilles" ou "Hérisson".

 

En 1915 Duchamp s’installe aux Etats-Unis. Poursuivant ses ready-mades il y ajoute des inscriptions comme, sur une pelle à neige, "En prévision du bras cassé". La logique verbale seule transforme, par l’humour et les jeux de mots, l’objet usuel en autre chose que lui : une précipitation du futur probable. Duchamp insistera de plus en plus sur cette dimension verbale impliquant par des sous-entendus l’esprit du spectateur dans la perception de l’œuvre. A la délectation de l’œil succède celle de l’esprit.
En 1915, c'est "Fontaine", qu'il signe «Richard Mutt».

 

Par la suite il commenta ce qui résume en partie sa démarche : "Que Richard Mutt ait fabriqué cette fontaine avec ses propres mains, cela n’a aucune importance, il l’a choisie. Il a pris un article ordinaire de la vie, il l’a placé de manière à ce que sa signification d’usage disparaisse sous le nouveau titre et le nouveau point de vue, il a créé une nouvelle pensée pour cet objet". Pour lui, le seul critère esthétique ne suffit pas à définir ce qui est de l’art et ce qui ne l’est pas, et l’artiste est celui qui met en question, les poussant toujours de plus en plus loin, les limites de l’art. La disparition de la fonction d’usage de l’objet par son installation dans un milieu muséal, la nouvelle signification que lui confère son titre suffisent désormais à qualifier d’œuvre d’art ce qui a priori ne le serait pas. Ce geste radical de Duchamp est à l’origine de la remise en cause du statut de l’art au 20e siècle.

 

C’est à Paris, en 1919, que Duchamp réalise l’une de ses œuvres les plus provocantes en ajoutant au crayon, sur une reproduction en couleurs de La Joconde de Léonard de Vinci, une paire de moustaches et une barbe. S’attaquant à une image canonique de la peinture occidentale, Duchamp la tourne en dérision en la transformant en ce qu’il appelle un « Ready-Made assisté », car, outre la barbe et les moustaches, il y appose l’inscription en apparence anodine, L.H.O.O.Q. En effet, une lecture rapide des lettres donne la phrase à connotation sexuelle : "Elle a chaud au cul". Profanation subtile et grossière à la fois de la femme célébrée par le chef-d’œuvre de la Renaissance et allusion aussi à l’ambiguïté sexuelle de l’artiste, l’homosexualité de Léonard sur laquelle on a tellement écrit et qui se lit ici dans la transformation de la célèbre Mona Lisa en hermaphrodite.

 

Ce qui est remarquable dans l'entreprise de Duchamp, c'est cette capacité qu'il avait à intégrer à son art, non seulement l'objet qu'il mettait en scène, mais également et surtout l'environnement de cet objet et notamment la réaction du spectateur face à un élément dont l'esthétique est plus que banal. Tout fait partie intégrante de son entreprise artistique. En fait, Tout est Art.

 

"Somme toute, l’artiste n’est pas seul à accomplir l’acte de création car le spectateur établit le contact de l’oeuvre avec le monde extérieur en déchiffrant et en interprétant ses qualifications profondes et par là, ajoute sa propre contribution au processus créatif." Marcel Duchamp.

 

Source : Shadow.

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